mardi 27 septembre 2011

Lettre à Caesar : Pella

AVE  IVLIVS,

Nous foulons maintenant la terre de Macédoine, terre natale du Grand Alexandre, et c’est ici qu’hier nous avons livré bataille contre un Alexandre en tout point semblable à la tête de ses phalanges (distorsion chronologique oblige).

Mes éclaireurs me signalèrent l’arrivée des phalanges adverses au centre du champ de bataille et sur la ma droite une horde de thraces féroces. Ayant repéré le hameau de Melissi situé un peu devant sur ma gauche et traversé par la route vers Pella que nous empruntions, je lançais à vive allure le gros de mes légionnaires en colonne de marche dans cette direction. Je plaçais ma baliste et mes recrues au centre et je déployais mes tirailleurs en une longue ligne s’étirant sur toute la largeur de la plaine entre le village et la forêt. A l’arrière du côté droit, ma cavalerie gauloise se tenait prête à se porter où elle serait le plus utile et surtout à faire croire à un possible débordement par la gauche.

Le reste de l’armée adverse se mit en place. Une troupe de peltastes en formation légère vint s’adjoindre au flanc gauche adverse renforçant sensiblement les thraces. Derrière les lignes, deux unités de cavalerie prirent position de part et d’autre de la ligne. Des tirailleurs se mirent en couverture devant l’imposante ligne de phalangites adverses.
L’ensemble de l’armée adverse se mit en branle dans un puissant élan vers l’avant. La cavalerie de compagnons contourna Melissi pour venir bloquer prudemment la route de Pella. De mon côté, mes tirailleurs firent feu de tout bois avec la baliste sur les phalanges adverses et sur les thraces. Les gaulois effectuèrent leur manœuvre et virevoltèrent comme prévu vers la gauche et le hameau maintenant que les adverses avaient massé leur forces en vain sur mon flanc droit. Ma colonne de marche investit Melissi. Deux cohortes de vétérans se postèrent en embuscade à l’entrée du village.

L’autre adjointe d’une troupe d’auxiliaires prit position sur la route au cœur du village, prête à recevoir de pieds fermes toute tentative de charge de la cavalerie adverse. Les auxiliaires avaient reçu l’ordre de se tenir à l’écart pour éviter un engagement brutal de face mais de se tenir prêts à venir porter secours aux vétérans en prenant de flanc la cavalerie si celle-ci tentait un passage en force. La deuxième cohorte d’auxiliaire bifurqua pour venir renforcer ma pression au centre afin d’obliger l’adversaire à prendre en compte la menace en milieu de ligne.

Les Compagnons n’osèrent pas avancer dans Melissi, craignant un piège mortel. Leurs chevaux trépignaient mais la peur d’une issue fatale se lisait sur le visage de leurs cavaliers. Au centre, les tirailleurs chargèrent mes archers crétois, alors que le reste de la ligne avançait d’un bon pas sous le feu constant de mes tireurs.

Sur mon flanc droit, les thraces avaient déjà subit pas mal de pertes mais bravement continuaient leur offensive. Mes numides passèrent par la forêt pour les contourner et se retrouver derrière la ligne adverse d’où ils continuaient à bander régulièrement leurs arcs. Les frondeurs se retirèrent en bon ordre vers le centre gauche dans un grand mouvement de glissement. Les recrues firent croire à un moral chancelant en tournant le dos à l’ennemi et en revenant un peu vers la route. Les peltastes qui avaient chargé mes archers, les mirent en déroute mais ne purent continuer leur avance face aux recrues et aux auxiliaires. Prudemment, la baliste choisit de se replier devant l’avance menaçante des tirailleurs adverses.

Le combat commençait à faire rage. Mes auxiliaires chargèrent la menace peltaste et ceux-ci prirent la fuite sous la puissance du choc. Dans le village, la phalange adverse arrivée à portée de javelot avait subit de nombreux tirs bien ajustés qui avaient réduit rapidement son nombre au seuil de rupture de la formation. Acculé, le commandant de l’unité tenta une charge sur les vétérans tenant le village. Ce fut un terrible carnage car, alors que la phalange adverse fut entièrement annihilée, nous n’eûmes à déplorer que des pertes minimes. La présence d’Alexandre réussit à calmer la vague de terreur qui saisit la ligne adverse. Au centre, les recrues, fidèles à mes instructions, firent volte face et avancèrent à la grande surprise des adverses qui étaient sûrement tombés dans mon stratagème en ayant pris le recul précédant pour une fuite. Cette cohorte se retrouvait maintenant sur le flanc gauche de l’ennemi menaçant la ligne entière qui avait dû opéré un mouvement de rotation pour se prémunir de mes vétérans. La cavalerie gauloise vint accentuer la menace en revenant au grand galop vers les recrues.

Sur la droite du champ de bataille, les archers numides qui avaient fait perdre un temps précieux à la cavalerie et aux thraces par leur présence intempestive, resurgirent de la forêt où ils avaient trouvé refuge pour venir harceler l’ennemi par derrière. Dans le même temps, les thraces chargèrent mes frondeurs qui ne demandèrent pas leur reste et fuirent hors de notre vue avec leurs ennemis sur les talons.

Tentant le tout pour le tout, d’une charge impétueuse, les compagnons percutèrent mes vétérans sur la place de Melissi. Malgré la fureur déployée à leur encontre, les hommes de la 1ère cohorte, aguerris par les terribles combats menés jusque là, résistèrent et firent tomber un grand nombre d’adversaires sans perdre un seul pied de terrain. Les auxiliaires commencèrent en petite foulée à s’élancer pour participer au carnage qui allait suivre.

Au centre les auxiliaires se retirèrent lentement en maintenant la pression sur la ligne réduite de phalangites. La baliste recommença à ajuster ces tirs dans l’enfilade que l’on lui présentait. Les vétérans du village avancèrent sûrs d’eux en lançant avec impétuosité leurs javelots sur les macédoniens qui fébrilement lever leur bouclier pour se protéger de cette pluie mortelle. Un frémissement parcourut la ligne adverse qui se transforma en une fuite vers la vie que même Alexandre ne sut arrêter, lorsque mes recrues chargèrent l’unité de peltastes adverses qu’ils mirent en déroute et se retrouvèrent maintenant dans le dos des phalanges. La cavalerie thessalienne ne dut son salut qu’à la vitesse de leurs montures. Les arches numides positionnés pour bloquer toute issue possible commença à cribler de flèches les fuyards abasourdis par l’ampleur du désastre.

La victoire était enfin à nous.

Marcus Antonius.

18 – 2 (Yves Arrondel – Macedonians)


* Points de règles non appliqués durant cette partie, à retenir, ou surprenants :
- Le fairplay exceptionnel d’Yves qui a rendu cette partie des plus agréables, merci Yves…

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